Dienstag, 20. März 2012

Chapitre 5

J'ai dormi dans le lit de Raphaël. Il a insisté pour dormir sur le cannapé. Ce matin il est venu et m'a réveillée, avec un plateau en main. Maintenant il est assis à côté de moi sur le lit, avec le plateau sur les jambes.
<<Bien dormi, Marina ?>>
<<J’ai jamais dormi aussi bien. Ton lit sent très bon, tu sais ?>>
Je ne sais pas pourquoi, mais il rougit. Il a baissé les yeux et regarde le plateau.
<<Je t’ai ramené ton petit déjeuner.>>
Il me regarde toujours pas. Sur le plateau il y a un verre remplit avec un liquide jaune et une assiette avec une boule brune dessus. Ca ne peut pas être la raison pour laquelle il fixe le plateau. Comment est-ce que je peux l’obliger à me regarder ?
<<C’est quoi ?>>
<<Ca c’est du jus d’oranges et ca c’est un petit pain au chocolat.  J’ai cherché des croissants aussi.>>
Toujours pas… Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai dit quelque chose que je n’aurais pas dû dire ? Pourquoi est-ce qu’il ne me regarde plus ? J’espère que je ne l’ai pas mis en colère…
<<Qu’est-ce qu’il y a ?>>
C’était la bonne question. Il me regarde de nouveau. Il me regarde de nouveau. Mais il a l’air d’avoir honte de quelque chose.
<<J’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas ? Si oui, j’en suis désolée.>>
<<Non. Ce n’et pas ta faute. C’est moi qui oublie tout le temps que tu n’as que 5 ans. Après tout, tu as l’aire d’avoir mon âge…>>
<<Et tu as quel âge ?>>
<<J’ai 20 ans… J’ai quatre fois ton âge…>>
<<Alors on va simplement faire comme si j’avais ton âge. De toute façon… Tu m’avais dit que les  gens ne devaient pas savoir d’où je viens…>>
Il ne répond pas. Il me sourit juste, mais malgré son sourire, ses yeux trahissent son chagrin. Il soupire et me regarde.
<<Je dois aller à l’université. Tu penses que tu vas t’en sortir toute seule ? Je reviens à 13 heures.>>
Je regarde la montre sur sa table de nuit, il est 7 :30h. Je serais seule pendant cinq heures et demie. Je fais oui de la tête.
<<Fais comme chez toi. Mets-toi à l’aise. À tout à l’heure.>>
<<Au revoir Raphaël.>>
J’entends la porte d’entrée se fermer derrière lui, je me lève et je m’habille. Raphaël a dit hier, qu’on devrait mettre ma combinaison au lavage. Je vais mettre ma robe alors. En fait elle est exactement comme la combinaison ; elle est blanche, en coton, elle a des manches longues, un col rond, large. Il n’y a qu’une différence, au lieu des jambes, il  y a une jupe qui va environ jusqu’aux genoux. Je bois le verre de jus d’orange que Raphaël m’a apporté et je mange le petit pain. C’est très bon. C’est une grande différence entre la nourriture qu’il me donne et celle que j’ai eue de mes pères. Je ne mangeais rien d’aussi beau et savoureux. C’était une poudre qui était dissolue dans de l’eau. Ca n’avait pas de goût spécial, mais des valeurs nutritionnelles. Ca avait un goût sucré, mais pas acidulé comme le jus d’orange et pas comme le chocolat. C’était sucré d’une façon qui donne une impression de chaleur et de douceur ; comme une couverture en laine.
J’apporte le plateau dans la cuisine. Je rince tout et je pose pour laisser sécher. Je l’essuierais, mais je ne trouve pas de chiffon.
J’ai l’habitude d’écrire dans un journal tous les soirs, c’est ce que je vais faire maintenant, puisque je n’en avais pas l’occasion hier soir.
<<Aujourd’hui, je suis partie. J’ai attendu que tout le monde soit au lit, j’ai emporté un coffre et je suis sortie. Je peux enfin donner une date ; nous sommes le 15.04.2316. J’ai découvert beaucoup de choses. Des couleurs. J’ai rencontré un jeune homme appelé Raphaël qui ne les a toutes apprises. Il m’a montré ce qu’était la menthe. C’est un parfum qui est très bon. Et il m’a montré la maison de Carina. J’ai appris ce qu’est un bac à sable et une piscine. Je lui ai confié d’où je viens. En plus je me suis vue dans un miroir pour la première fois. J’apprécie beaucoup Raphaël, il est aimable, il est très patient. Je suis heureuse de l’avoir rencontré. Je crois avoir trouvé un véritable ami en lui.>>
Il est maintenant 9 :00h. Encore quatre heures jusqu’à son retour. Je fais un petit tour dans son appartement. Peut-être je trouve quelque chose qui pourra me servir d’occupation. J’entre dans le salon et je me rends compte de quelque chose que je n’ai pas remarqué hier quand j’étais assise sur le canapé. Il y a une étagère. Une grande étagère qui longe tout un mur. Elle est remplie de livres. Me voilà une occupation. Je prends le premier livre en haut, à gauche. Le titre est Dix petits nègres, c’est écrit par une femme appelée Agatha Christie. Sur la couverture, il est indiqué que c’est un roman policier. En plus l’illustration des dix petits bonhommes aligné en dominos donne envie. J’ouvre et je vois sur la première page <<édition 2298, © 1939>>. C’est une histoire très vieille. C’est encore mieux. Le livre dégage une odeur étrange mais très agréable. Je m’assois sur le canapé et je commence à lire le préambule…

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