Samstag, 24. März 2012

Chapitre 6

<<Je suis de retour! Marina? Où es-tu?>>
<<Je suis dans le salon.>>
 Il s’approche de moi, la bouche et les yeux grands ouverts. Avec étonnement il se place derrière moi pour voir que je suis en train de lire la dernière page.
<<Tu as lu tout le livre en une matinée ?!>>
<<Oui. Je suis désolée de m’être servie dans ton étagère. Je le range tout de suite. J’ai beaucoup aimé. Je n’aurais pas pensé que ce soit lui qui a tous tués.>>
<<C’est toujours ça. Agatha Christie et Arthur Conan Doyle sont très doués pour ça. Pendant toute l’histoire on s’imagine une solution, pour découvrir à la fin que ce n’est pas du tout ça.>>
Il sourit en prenant le livre de mes mains pour le poser à sa place dans l’étagère. Il me tend la main et me traine dans la cuisine.
<<Toi aussi, tu dois avoir faim. Je vais nous préparer des crêpes.>>
<<C’est…>>
Avant que je puisse finir ma question, il me dit :
<<Des crêpes c’est de la pâte à l’œuf étalée en rond et cuite à la poêle.>>
En disant le dernier mot, il me montre une sorte d’assiette lourde et noire avec un manche pour anticiper ma question.
<<C’était bien à l’université ?>>
<<C’est l’université… Je m’ennuie un peu en cours, parce que j’ai un peu d’avance par rapport aux autres élèves.>>
<<Pourquoi tu y vas alors ?>>
<<Parce qu’il le faut si je veux devenir avocat.>>
<<Ca fait quoi un avocat ?>>
Il m’explique qu’un avocat défend les gens quand ils sont dans une situation justicière. C’est quelqu’un qu’on paye pour qu’il fasse tout pour qu’on nous croie.
<<Si quelqu’un se fait trainer en justice, il peut m’appeler et je ferais mon mieux pour prouver qu’il est soit innocent, soit qu’on le reconnaisse en tant que cas relevant de la psychiatrie. Ca veut dire qu’il est fou ou qu’on ne peut pas dire que c’est de sa faute, parce qu’il est moralement instable.>>
<<Mais ça veut dire que tu supporte l’université, malgré ton ennui, juste pour aider les gens ? C’est génial !>>
Il rit de mon ahurissement. On dirait qu’on ne lui dit pas ça souvent. Il pose sa main sur ma tête et me sourit, les yeux fermés, en me disant :
<<Tu es mignonne à être étonnée pour tellement de choses complètement banales, tu sais. C’est comme un enfant qui découvre le bruit de lego qui tombent par terre.>>
D’après son explication, le lego c’est des petites briques en plastique avec lesquelles on peut construire toutes sortes de choses.
Il pose la première crêpe sur une assiette et verse encore de la pâte dans la poêle. Il met une gelée rouge sur la crêpe, l’enroule, la coupe en deux, prend une moitié et me tend l’autre. Sur le pot qui contient la gelée, il y a marqué <<gelée de mûres>>. Il mord dans le rouleau et me regarde en attendant que je fasse pareil. Je mords dans ma crêpe. C’est sucré, comme le petit pain ce matin. En même temps je sens le goût acidulé de la gelée.
<<C’est bon ?>>
<<Délicieux !>>
J’avale ce que j’ai en bouche et souris. Il m’explique que la mûre est un fruit petit, noir et composé de petites billes. Il prépare la deuxième crêpe, cette fois-ci il met une poudre blanche dessus en disant que celle-ci est au sucre. Ca paraît évident… elle est entièrement sucrée. Il n’y a pas de goût acidulé.
<<L’autre était meilleure. Celle-ci est trop sucrée, je trouve.>>
<<Pas de problème.>>
Il va à une armoire grise qui semble être fermée hermétiquement. Il en sort un autre pot. Il y a quelque chose de jaune dedans.
<<Ca, c’est de la confiture au citron. C’est plus acide.>>
Il a raison. La crêpe à la confiture au citron est la meilleure. C’est comme si le goût sucré de la crêpe et celui du citron se battaient dans ma bouche. Chacun des deux goûts essaie d’être le dominant.
<<Alors, t’es pressée de voir la famille Barthel ?>>
Je n’y avais même plus pensé. D’un coté je suis impatiente de les rencontrer, mais de l’autre coté je ne veux pas partir d’ici. J’aime beaucoup être ici.
<<Un peu que hier soir…>>
<<Comment ça se fait ? Tu ne serais pas nerveuse par hasard ?>>
<<Non, ce n’est pas ça. C’est que je suis à l’aise avec toi, je n’ai pas envie de partir d’ici.>>
<<De toute façon on ne peut pas encore y aller. Il faut d’abord qu’on aille autre part. Je vais juste aux toilettes et on peut partir.>>
Il s’en va à la salle de bain et je me retrouve seule dans la cuisine. Je me demande où il va m’emmener. Il revient avec sa tablette en main. Il m’a dit que c’était comme ça que s’appelait la version rétrécie du panneau devant Notre Dame.
<<Je suis désolé, on va devoir marcher, je n’Ai qu’un seul vélo.>>
<<C’est comme ça que s’appelle la construction à deux roues sur laquelle tu étais assis hier ?>>
<<Oui c’est ça.>>

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